La bientraitance : et si elle était avant tout une manière d’être en lien ?

Publié le 15 août 2026 à 21:51

La bientraitance ne se limite pas à des recommandations ou à des procédures. Elle prend vie dans les relations, les pratiques quotidiennes et la capacité d'une organisation à continuer de se questionner collectivement. Et si elle était avant tout une manière d'être en lien ?

On parle beaucoup de bientraitance.

Parfois tellement… qu’on finit par oublier ce qu’elle représente réellement.

Dans le secteur médico-social, elle ne vit pas uniquement dans un classeur. Elle ne se limite pas à une recommandation, une procédure ou un ensemble de bonnes intentions.

Elle prend vie dans les pratiques du quotidien.

La bientraitance se joue aussi dans les choses simples

Un regard qui rassure.
Un silence respecté.
Une parole adaptée.
Un professionnel qui prend encore le temps malgré la fatigue.
Une équipe qui se questionne plutôt que de juger.

La bientraitance, ce n’est pas être parfait.

C’est rester attentif à l’autre, à ce qu’il exprime, à ce qu’il ressent, à ses choix et à sa manière singulière d'entrer en relation — y compris lorsque les mots ne sont pas là.

Cette approche rejoint la logique du référentiel national d'évaluation des ESSMS, construit autour de la personne accompagnée et de quatre valeurs fondamentales : son pouvoir d'agir, le respect de ses droits fondamentaux, l'approche inclusive des accompagnements et la réflexion éthique des professionnels.

Une responsabilité qui dépasse la relation entre un professionnel et une personne

La bientraitance ne repose pas uniquement sur les qualités individuelles des professionnels.

Elle interroge également le fonctionnement du collectif et de l'organisation.

Comment prenons-nous soin des personnes accompagnées ?
Comment leur permettons-nous d'exprimer leurs attentes et leurs choix ?
Comment les professionnels peuvent-ils questionner leurs pratiques ?
Quels espaces leur permettent de confronter leurs regards et leurs dilemmes éthiques ?
Et comment l'organisation crée-t-elle les conditions permettant à ces pratiques de vivre au quotidien ?

Cette dimension organisationnelle est aujourd'hui clairement présente dans le référentiel HAS : la gouvernance est notamment évaluée sur sa capacité à impulser la bientraitance et l'éthique, tandis que les professionnels sont amenés à contribuer aux questionnements éthiques.

De l'intention à une véritable culture collective

Dans un contexte où les accompagnements peuvent être complexes, la bientraitance ne peut donc pas rester un concept affiché au mur.

Elle doit progressivement devenir :

une culture,
une vigilance collective,
une capacité à se questionner,
et une dynamique d'amélioration continue.

Cela suppose aussi d'accepter que certaines pratiques puissent être interrogées.

Non pour rechercher systématiquement une faute ou désigner un responsable, mais pour comprendre ce qui se joue, croiser les regards et rechercher collectivement une réponse plus ajustée.

La HAS inscrit d'ailleurs l'évaluation des ESSMS dans une logique plus large que le seul contrôle : le dispositif vise notamment à renforcer la dynamique qualité et à promouvoir une démarche porteuse de sens pour les structures et leurs professionnels.

Revenir à la personne

Et peut-être qu'au fond, la bientraitance commence simplement ici :

Reconnaître la personne avant le handicap.
Voir les compétences avant les difficultés.
Considérer chacun dans sa singularité, ses capacités, ses choix et son histoire.

Car chaque personne reste avant tout un être humain, avec des besoins, des aspirations, des potentialités et une place à part entière dans la relation.

La bientraitance devient alors moins une succession de prescriptions qu'une question que nous pouvons continuer à nous poser collectivement :

Que racontent réellement nos pratiques quotidiennes de la place que nous accordons à l'autre ?

Accompagner le questionnement plutôt qu'apporter des réponses toutes faites

C'est aussi dans cette perspective qu'AINARIAH aborde la bientraitance et l'éthique : partir des réalités d'une organisation, mettre les pratiques en discussion, mobiliser les professionnels et construire des pistes d'évolution adaptées au contexte.

Parce qu'une culture de bientraitance ne se décrète pas.

Elle se construit, se questionne et s'entretient collectivement.

Et si la bientraitance était, avant tout, une manière d'être en lien ?


Pour aller plus loin

La Haute Autorité de Santé inscrit « Bientraitance et éthique » parmi les neuf thématiques du référentiel national d'évaluation de la qualité des ESSMS. Le référentiel analyse de manière croisée l'expérience de la personne accompagnée, les pratiques professionnelles et la dynamique impulsée par la gouvernance.

Référentiel et manuel d'évaluation de la qualité des ESSMS — HAS

Bientraitance et gestion des signaux de maltraitance en établissement — HAS

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